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Les projets d'énergies renouvelables se multiplient (éoliens, méthanisation, panneaux photovolttaïques...). La Confédération Paysanne de la région Centre-Val de Loire souhaite maintenir en priorité les zones agricoles existantes.

La position de la confédération paysanne

Alors que les surfaces agricoles disparaissent toujours à un rythme soutenu et que la nécessité de relocaliser notre production alimentaire est toujours plus prégnante, la Confédération paysanne Centre-Val de Loire souhaite attirer votre attention sur les risques liés à certaines productions d’énergie en agriculture. Le photovoltaïque au sol et la méthanisation nous semblent en particulier comporter des risques insuffisamment considérés pour les terres agricoles.
Si les projets de photovoltaïque au sol se combinent souvent avec la mise en place d’une production agricole (animaux sous les panneaux ou cultures entre), les panneaux occupent de fait des surfaces qui ne peuvent plus être utilisées pour produire de l’alimentation. Il existe aussi le risque que la production énergétique devienne plus rentable que la production agricole. Si les tenants de l’agrovoltaïsme vantent la synergie entre ces productions, la pérennité de tels projets est mal connue et des exemples montrent que l’activité agricole est parfois abandonnée. Les propriétaires fonciers, lorsqu’ils ne sont pas agriculteur.rices, pourraient aussi être tentés de valoriser leur patrimoine par la vente d’électricité plutôt que par du fermage.
Nous militons par conséquent pour que le photovoltaïque soit installé en priorité sur les bâtiments et le gisement fourni par les zones non propices à l’agriculture, de préférence en proximité des zones de besoin en énergie, et non sur des terres nourricières.
Le même risque d’accaparement des terres existe avec la méthanisation. Si l’apport en cultures dites principales est limité à 15%, ni les cultures intermédiaires, ni les prairies permanentes ne sont comprises dans ce pourcentage et l’approvisionnement des méthanisateurs est très peu contrôlé sur le terrain. La Confédération paysanne plaide pour que les méthaniseurs soient uniquement alimentés par de « vrais » déchets, dimensionnés à la taille des fermes et associés à des démarches d’économie d’énergie. La méthanisation ne doit pas favoriser un modèle d’agriculture hors-sol, producteur délibéré de déchets et qui pourrait mettre en péril la souveraineté alimentaire.
Nous souhaitons rappeler que les paysan.nes n’ont pas besoin d’un complément de revenu. Ils ont besoin d’un revenu.

Rappelons que les panneaux photovoltaïques peuvent être installés dans les fiches industrielles ou sur les parkings (ombrières produisant de l'électricité et protégeant les voitures).