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Un automne très chaud

édito du 22 octobre 2026

Les mouvements sociaux d’octobre 2026 (marqués notamment par la grande journée de convergence du 17 octobre et les mobilisations lycéennes et étudiantes en cours) portent des revendications convergentes autour de plusieurs grands axes, les conséquences politiques ne permettent pas une sortie de crise.

Revendications : pouvoir d’achat et lutte contre la vie chère

• Inflation : Dénonciation de la hausse des prix du carburant, de l’alimentation, des courses et des loyers.
• Salaires et revenus : Demandes d’augmentation générale des salaires et de justice socio-économique.

Revendications : défense des services publics

- Moyens et recrutements : Rejet de la « casse du service public » et exigence de moyens humains et financiers supplémentaires (recrutement d’enseignants, de personnel hospitalier, etc.).
- Infrastructures : Amélioration des conditions d’accueil, rénovation du bâti scolaire et lutte contre les inégalités territoriales (notamment entre les banlieues et les grands centres urbains).

Revendications de la jeunesse (lycéens et étudiants)

- Parcoursup : Demande de l’abolition ou d’une refonte profonde de la plateforme Parcoursup et de la fin de la sélection à l’entrée à l’université.
- Conditions de scolarité : Refonte des rythmes scolaires, fin des classes surchargées (30 à 35 élèves), état des bâtiments et conditions de travail dans certains lycées, et meilleure visibilité sur l’orientation.

Revendications politiques et institutionnelles

• Rejet du gouvernement : Des slogans et pancartes réclament la démission du gouvernement et d’Emmanuel Macron, ainsi que le rejet des mesures d’ordre ou de la répression policière face aux cortèges.

Les émeutes

La France traverse une vague d’émeutes d’une extrême violence à la suite de la grande journée de mobilisation nationale contre la vie chère du 17 octobre 2026. Ces manifestations, qui ont réuni plusieurs centaines de milliers de personnes (entre 550 000 et 800 000 personnes selon les sources), se sont transformées en scènes de chaos et de pillages massifs, plongeant plusieurs grandes agglomérations du pays dans une crise sécuritaire majeure à six mois de l’élection présidentielle de 2027 et faisant oublier les revendications sociales.

Un bilan matériel et humain très lourd

Les débordements ont causé des ravages considérables dans de nombreuses municipalités. Près de 3 000 commerces ont été vandalisés ou pillés à travers le pays, ciblant notamment des enseignes de prêt-à-porter, des bijouteries et des boutiques multimédias.
À Limoges, d’importantes destructions ont eu lieu avec l’incendie de l’Hôtel de ville. À Lyon, l’office de tourisme de la place Bellecour a été incendié. Le mobilier urbain, de nombreuses voitures et des bâtiments publics ont également été brûlés ou saccagés. Les forces de l’ordre font face à une forte hostilité, marquée par des guets-apens, des refus d’obtempérer et l’usage récurrent de mortiers d’artifice contre l’uniforme.

Les profils des émeutiers 

Une convergence de profils, parmi les milliers de personnes interpellées, semble  apparaître selon deux strates :
- L’ultragauche (faussement nommée) et les Black Blocs : Estimés à environ 5 000 membres en France et collaborant avec des militants étrangers, ces groupes ciblent spécifiquement les symboles de l’État et du capitalisme. Ils seraient à l’origine des dégradations des bâtiments publics.
- La jeunesse des banlieues et les lycéens : De très nombreux mineurs âgés de 15 à 16 ans ont été arrêtés lors de tentatives de pillage coordonnées (via les réseaux sociaux). Il s’agit plutôt d’une criminalité par effet de masse, donnant l’impression que tout est permis, sans danger (à tort, cf. les premières condamnations).

Qui va payer les dégâts ?

La majorité des dégâts sera payée par les collectivités locales et l’État, en puisant dans des ressources prévues pour autre chose (école, social…). Au final, ce sont les citoyens qui sont pénalisés, notamment les plus pauvres : les émeutes se font au détriment des couches populaires qui verront leurs crédits rabotés. On peut parler d’émeutes antipopulaires liées à la jonction d’une criminalité « d’occasion » et de groupes politiques plutôt néofascistes (même s’ils se gavent d’un discours anticapitaliste) : quand on pénalise les couches populaires, difficile de se présenter comme de gauche.

Les conséquences politiques

Les revendications, légitimes, ne peuvent être satisfaites par un gouvernement qui compte les jours : dans 6 mois, la quille. Il ne va pas prendre la seule mesure réellement efficace dans le contexte budgétaire : augmenter les recettes fiscales pour diminuer le déficit et satisfaire une partie des revendications. Ils laissent les suivants se débrouiller. Sauf que les suivants (les favoris des sondages) sont incapables d’envisager un plan de sortie de crise et encore moins de gérer a minima le pays, tant ils sont auto-intoxiqués par des discours hors-sol où tout va tomber miraculeusement du ciel.

À ce stade, la France est mal partie, pas sûr qu’une solution apparaisse, mais sait-on jamais. L’agonie du macronisme est douloureuse pour le pays. Mais au fond, en voulant tout et n'importe quoi sans jamais traiter les problèmes de fond, c'est l'ensemble du spectre politique qui est responsable, et quelque part aussi les citoyens qui s'en satisfont.

 

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