Adaptation et/ou atténuation

édito du 27 novembre 2022

La question de l’adaptation à la hausse des températures est cruciale. Mais s’adapter impose de changer de point de vue. Et ce n’est pas simple… Peut-on s’adapter ? Faut-il l’atténuer et est-ce possible ?

 

La question de la hausse des températures liée au dérèglement climatique est cruciale. Et surtout inévitable. Certains estiment que l’atténuation, qui regroupe les actions visant à atténuer l’ampleur du réchauffement mondial d’origine humaine par la réduction des émissions de gaz à effet de serre est possible. Un nouvel avatar du productivisme responsable du dérèglement climatique ? Une chimère pour éviter d’agir ici et maintenant ?

 

En fait l’adaptation est l’action principale face à l'inéluctabilité du dérèglement climatique. Mais il ne faut pas négliger l’atténuation. Prenons l’exemple de l’artificialisation des sols.

 

L’artificialisation des sols est la conséquence directe de l’extension urbaine et de la construction de nouveaux habitats en périphérie des villes et/ou de zones industrielles (notamment logistique en Eure-et-Loir). Cette bétonisation est aujourd’hui l’une des causes premières du changement climatique et de l’érosion de la biodiversité. En France, entre 20 000 et 30 000 hectares sont artificialisés chaque année aussi dans le cadre du Plan Biodiversité, le gouvernement a instauré l’objectif « zéro artificialisation » (loi ELAN) avec un objectif intermédiaire est de réduire de moitié le rythme de la bétonisation entre 2021 et 2031.

 

Cet objectif est raisonnable et même relativement conservateur. Pourtant de nombreux maires et intercommunalité s’élèvent contre lui, estimant que c’est impossible au nom d’arguments plus ou moins spécieux mis qui tous recouvrent une incapacité au changement même quand c’est pour le bien de leurs administrés.

 

Pourtant, il suffit de changer de point de vue pour trouver des solutions. Plutôt que de bétonner un champ pour construire un nouveau bâtiment, le réflexe doit désormais être de chercher dans l’espace urbain des espaces bétonnés ou des bâtiments anciens qui peuvent être transformés et adaptés, notamment les friches industrielles et urbaines (nombreuses en Eure-et-Loir). Plutôt que de raser un jardin pour construire un parking ou couper des marronniers centenaires pour faire place à un immeuble il faut imaginer d’autres solutions. Changer de point de vue, c’est ça qui est compliqué pour une génération responsable du dérèglement climatique mais qui ne veut pas le voir et qui au fond d’elle-même a honte du monde qu’elle lègue à ses enfants.

 

L’adaptation demande de se projeter sur le très long terme. Or, notre société occidentale le fait mal, et encore moins le monde politique obsédé par la prochaine élection. C’est pourtant nécessaire et même vital car il y a urgence climatique : pendant que l’on tergiverse le réchauffement continu.

 

Les solutions techniques existent. La question est de savoir comment faire pour entraîner la société dans cette démarche. C’est un changement culturel et c’est le plus dur à faire. La profession la plus touchée par le changement climatique, est la profession agricole, malheureusement la plus difficile à faire bouger : on leur demande de travailler différemment, de revenir sur des investissements, de sortir d’un paradigme qu’on leur a imposé pendant des années. L’accompagnement technique, financier et moral nécessite du temps. Mais il faut le faire.

 

De même désartificialiser les villes c'est mettre en place des ilots d'atténuation lors des canicules, et d'absorption des eaux lors des précipitations extrêmes. Pas compliquer à faire, il suffit d'en avoir la volonté.

 

Ambiances d'automne

édito du 24 octobre 2022

 

Le spectacle lamentable de l'agitation politicienne française, 49.3 et motions de censure pour un résultat couru d'avance n'est plus guère suivi par les français, sûrement plus occupés à trouver de l'essence et à boucler leurs fin de mois.

La Gauche continue de s'enfoncer, minée par la bêtise de ses dirigeants  : de manifs en pseudo front populaire (illustrant la célèbre maxime de Karl Marx au sujet de l'histoire : "« La première fois comme une tragédie, la seconde fois comme une farce »", pour faire oublier - pour certains - leurs turpitudes et leurs mépris des femmes et de l'égalité des genres.

La Droite est inexistante, et d'ailleurs pourquoi devrait-elle bouger puisque le gouvernement applique son programme ? Elle survit dans les territoires profitant du manque d'appétence des français pour la politique locale et faisant croire qu'elle agit alors que souvent elle ne sait même pas gérer correctement.

L'extrême droite essaie de faire oublier sa dévotion aux dictateurs, de Poutine à Assad, en mettant en exergue le moindre fait divers tragique qui illustrerait le "grand remplacement",  fantasme dominant dans son imaginaire. Surtout ne pas bouger et ne pas montrer son incompétence et qui sait le train de l'histoire passera peut-être.

 

Urbanisme : il est temps de pivoter de 180 degrés

édito du 16 septembre 2022

 

Dans la vie des entreprises comme des organisations, lorsque trop d'obstacles ou une impossibilité majeure empêchent la mission ou la poursuite des objectifs, il faut alors pivoter, c'est à dire changer de stratégie voire d'objectifs, ou disparaitre. Les plus agiles survivent, les autres meurent. C'est l'application d'une vieille loi de la nature, mise en évidence par Darwin : l'adaptation permanente à son environnement est la clé de la survie.

Il en est de même dans la vie publique, même si les rythmes y sont plus long. Assurez la survie de nos territoires, et le bien être de ses habitants, supposent aujourd'hui d'y lutter contre le dérèglement climatique et de savoir en protéger nos concitoyens. C'est la priorité n°1, celle de notre survie en tant qu'espèce mais aussi plus prosaïquement d'assurer l'adaptation de nos activités, de notre vie quotidienne à ce risque majeur. Les changements climatiques que nous avons mis en oeuvre depuis 150 ans par l'agriculture, l'industrialisation, l'utilisation massive des hydrocarbures et du charbon vont continuer voire s'aggraver.

 

Écologie, la preuve par les marronniers

édito du 27 août 2022

L’affaire des trois marronniers, boulevard de la Courtille à Chartres (cf. ici), visés par un abattage à la demande d’un promoteur immobilier soutenu par la municipalité de Chartres, célèbre pour son climato-scepticisme, a connu un rebondissement le vendredi 26 août, avec l’annonce d’un référé suspensif d’urgence qui gèle les procédures pendant quelques jours le temps que le tribunal administratif d'Orléans prenne une décision. En attendant la mobilisation continue.

 

Entre deux canicules et en attendant les inondations que prévoient le dérèglement climatique, méditons la leçon des dinosaures.

Bonnes vacances

Edito du 8 août 2022