Édito du 22 juin 2026
La deuxième canicule
Le deuxième épisode caniculaire de la saison, après celui du printemps et à cheval sur le début de l’été, s’annonce particulièrement intense et durable. Cartes rouge vif à la télévision, reportages sur les élèves en souffrance dans les écoles, débats sur la climatisation… Des centaines d’établissements scolaires fermés, des chantiers interrompus, des agriculteurs dépassés : les conséquences du dérèglement climatique sont chaque jour plus visibles et plus graves.
Chaque nouvelle vague de chaleur semble prendre de court responsables politiques, élus locaux, employeurs et citoyens. Pourtant, rien n’est plus prévisible que l’évolution du climat. Les scientifiques alertent depuis des décennies sur les effets dévastateurs du réchauffement climatique. Sécheresses, canicules, tempêtes, inondations : les épisodes extrêmes s’enchaînent à un rythme toujours plus rapide et avec une intensité croissante.
Les responsables politiques paraissent dépassés. Ils passent leur temps à détricoter les dispositifs de protection de l’environnement (ZAN – Zéro Artificialisation Nette, ZFE – Zones à Faibles Émissions, loi Duplomb…) puis s’étonnent de l’aggravation de la crise climatique à laquelle ils contribuent, souvent sous l’influence de lobbies défendant des intérêts particuliers à court terme. Même certains climato-sceptiques semblent désormais douter de leurs certitudes et en viennent à proposer de nouveaux plans d’action — pour la climatisation cette fois-ci — ou à s’intéresser enfin aux rapports du GIEC.
Il n’existe pas de solution miracle, mais une ligne directrice claire : agir simultanément sur les causes du dérèglement climatique et sur les politiques d’atténuation et d’adaptation.
Pour cela, nous avons besoin d’élus convaincus et déterminés à agir, si les Français le souhaitent. Les mesures actuellement mises en œuvre sont loin d’être à la hauteur de l’ampleur de la crise. Seule une sortie progressive des énergies fossiles permettra de redonner un avenir à notre pays et à notre planète, notamment dans les secteurs des transports et du chauffage, tout en renforçant notre souveraineté énergétique. Dans le même temps, il est indispensable de multiplier les mesures d’adaptation, de renoncer aux infrastructures coûteuses et polluantes, et de faciliter la vie quotidienne des citoyens.
C’est un combat de longue haleine dans lequel les collectivités locales ont un rôle majeur à jouer pour protéger leurs administrés, notamment à travers les règles d’urbanisme, les politiques de prévention et l’aménagement du territoire. Elles doivent également cesser d’apporter leur soutien aux responsables politiques climato-sceptiques qui vendent des illusions à leurs électeurs, à l’image des sénateurs euréliens.