Écologie des Territoires
![]()
Comme nous pouvons tous le constater, nos territoires sont en première ligne de l'accélération du dérèglement climatique et les élus doivent le gérer, sans beaucoup de ressources. Ils ont été peu à peu déposséder de leurs prérogatives.
Le Sénat est l'assemblée des territoires. Laissons aux députés les polémiques et et les choix nationaux. Que le Sénat ce concentre sur les solutions pour nous adapter et y diminuer l'impact du dérèglement climatique. C'est l'enjeu principal pour notre avenir et celui de nos enfants. C'est l'objectif des candidats de la liste Écologie des territoires.
![]() |
Nos propositions en un recto-verso | Notre programme plus complet |
Nos propositions pour le numérique.
Nos propositions pour renforcer l'action des élus locaux.
![]() |
Le dossier de l'A154 en une page | Le coût économique de l'A154 |
Agir localement face aux canicules
Vous pouvez vous aussi contribuer à nos documents.
Face à l’intensification des épisodes caniculaires, les collectivités territoriales se trouvent en première ligne pour protéger leurs habitants. Voici une liste, non exclusive, d'actions que l'on peut mettre en oeuvre.
Anticiper pour gérer les crises
La gestion des crises sanitaires reste primordiale, lorsqu’elles se produisent, encore faut-il s’y préparer et les anticiper en listant les actions immédiates à mener à travers un plan local (identification des personnes fragiles, appels téléphoniques, zones de fraîcheur, horaires scolaires adaptés…) et un diagnostic préalable.
Canicules : comment gérer les risques sanitaires ?
La gestion des risques sanitaires liés aux canicules repose sur un cadre réglementaire précis, détaillé dans le guide Orsec. Chaque échelon territorial dispose d’obligations spécifiques pour soutenir les populations les plus exposées. Les communes doivent ainsi maintenir leur plan communal de sauvegarde et tenir à jour le registre nominatif des personnes âgées et handicapées. Elles ont également la responsabilité de recenser les lieux climatisés ou rafraîchis – bâtiments communaux, crèches, Ehpad – et d’assurer le bon fonctionnement du réseau d’eau potable ainsi que l’accès à des points d’eau gratuits.
Météo-France, une vigilance météorologique graduée
Le dispositif national de vigilance météorologique, actif du 1er juin au 15 septembre (il devrait être étendu de mai à octobre), structure la réponse publique aux vagues de chaleur. Actualisée au moins deux fois par jour à 6h et 16h sur le site de Météo-France, la carte de vigilance utilise un code couleur pour guider l’action.
L’alerte jaune signale un pic ou un épisode persistant de chaleur, nécessitant une surveillance accrue des personnes fragiles et la limitation des activités extérieures.
L’alerte orange, qui correspond à une canicule, implique l’adoption de mesures de protection individuelle et le déclenchement de plans exceptionnels pour les services publics de soins ou de secours.
L’alerte rouge, réservée aux canicules extrêmes, déclenche des restrictions d’activités – sorties scolaires, examens, manifestations – et impose des horaires de travail adaptés. Elle peut également conduire à limiter les émissions de chaleur d’origine humaine, notamment la circulation automobile.
La nature, une alliée contre la chaleur en ville
L’urbanisme français est inadapté aux fortes chaleurs. On peut l’adapter en s’appuyant sur des solutions naturelles scientifiquement éprouvées. La végétalisation constitue l’une des clés principales pour faire baisser les températures urbaines. Un arbre équivaudrait à cinq climatiseurs, selon les études disponibles.
Tous les espaces de nature en ville – bois, parcs, jardins publics, privés ou partagés – contribuent à rafraîchir l’atmosphère, à condition de respecter certains principes d’aménagement. La réintroduction de l’eau représente un autre levier fondamental. Plans d’eau, fontaines, bassins et cours d’eau permettent de faire baisser la température de quelques degrés. Attention toutefois aux solutions trop gourmandes en eau lors des périodes de sécheresse.
Pour les petites communes, la végétalisation doit inclure des plantations en lisière de l’urbanisation, notamment des haies qui jouent aussi un rôle de protection lors des épisodes de fortes pluies.
Innovation technique et adaptation du bâti
Les solutions liées aux matériaux se multiplient, notamment afin de développer leur perméabilité et d’élever leur albédo (réflectivité du rayonnement solaire), ce qui permet de limiter le stockage de la chaleur. L’adaptation des bâtiments existants mobilise désormais l’ingénierie. Les techniques visent à favoriser l’isolation thermique, réduire les rayonnements et limiter les transferts de chaleur entre immeubles. Une solution simple et traditionnelle fait ses preuves : repeindre les toitures en blanc avec une peinture spéciale dite « cool roof », principe de base dans les pays méditerranéens. Cette méthode nécessite toutefois des précautions, notamment pour éviter les risques d’éblouissement. La végétalisation des toitures peut également renforcer l’isolation du bâti, selon les recommandations de l’Association des toitures et façades végétales.
La réglementation RE2020 transforme l’approche des constructions neuves en renforçant la notion de confort d’été. Elle introduit un nouvel indicateur, le « degré-heure », qui mesure la durée d’inconfort – soit le nombre d’heures pendant lesquelles les occupants sont exposés à de fortes températures. Si un projet dépasse le seuil fixé, l’équipe doit revoir sa conception. L’orientation des rues pour favoriser la circulation de l’air constitue également une piste d’adaptation prometteuse pour les nouveaux aménagements urbains.
L’importance du diagnostic préalable
L’enjeu de la connaissance des risques est majeur. Avant toute intervention, la phase de diagnostic s’impose comme une étape clé. Des outils spécialisés existent, comme la méthode Local Climate Zone du Cerema, qui permet de diagnostiquer les îlots de chaleur (outil en libre-service).
Cette approche peut être complétée par des analyses intégrant des scénarios d’évolution climatique, notamment via les outils « Climadiag chaleur en ville » de Météo France ou le site Facili-TACCT qui indique en un clic l’évolution du risque canicule sur un territoire donné.
Face à la multiplication des solutions (matériaux à albédo élevé, végétalisation, protection de l’eau), la question de leur combinaison optimale se pose. Certaines peuvent produire des effets contraires : la canopée d’un arbre peut aggraver le stockage de chaleur ou la pollution. La plateforme « Plus fraîche ma ville » de l’Ademe propose aux collectivités des recommandations techniques en passant au crible les avantages et inconvénients de chaque solution.
Protéger les plus vulnérables
L’adaptation aux canicules passe également par une attention particulière aux populations les plus fragiles. À l’école, cela implique de former le personnel périscolaire et les enseignants aux bons gestes, d’adapter les activités et les horaires, et d’aménager les bâtiments et les cours de récréation par la végétalisation, l’installation de préaux ombragés ou l’isolation des classes. Pour les personnes sans-abri, les collectivités doivent améliorer l’accès au logement et aux structures d’hébergement temporaire estival, garantir l’accès à l’eau et à l’hygiène, et sensibiliser les acteurs sociaux au risque caniculaire.
La protection des personnes âgées nécessite la mise en place de systèmes d’appel réguliers, des actions de sensibilisation à l’hydratation et la végétalisation des abords des Ehpad. Pour accompagner ces efforts, l’État invite les collectivités à diffuser auprès des habitants, notamment les plus vulnérables, les documents préventifs conçus par l’Agence nationale Santé publique France. Les mairies et CCAS peuvent s’appuyer sur le registre communal nominatif relatif aux personnes âgées et en situation de handicap.
Répertorier les lieux de rafraîchissement, mettre à disposition des salles climatisées et ouvrir plus tardivement les parcs sont aussi des initiatives à mettre en place.
Re-planifier l’urbanisme
L’adaptation structurelle des territoires est une action principale des collectivités territoriales avec la transcription dans les documents d’urbanisme. Il est urgent de réécrire les SCOT et PLUi en tenant compte de l’expérience des dernières années, tant 2024 pour les inondations que 2026 pour les canicules.
Végétalisation, nouveaux matériaux, isolation renforcée, orientation des bâtiments : un arsenal de solutions existe pour atténuer les effets de la chaleur. On peut agir maintenant, c'est une priorité pour protéger nos concitoyens.
Si on veut agir on peut. On n'est pas obligé de baisser les bras face au dérèglement climatique. Bien sûr en dehors des actions locales une stratégie nationale, et européenne, de décarbonation est indispensable. C'est le rôle des élus nationaux d'y veiller et de s'y impliquer.
![]()

(mise à jour 31/07/2026, voir le lien en fin de page avec la conférence organisée par l'armée sur les ressources pétrolières en 2050)
A154, un dossier francilien !
L'Île-de-France (IdF) est située au centre du corridor routier Nord-Sud qui relie les grands ports européens, Anvers et Rotterdam, et les pays du Sud : Italie, Espagne, Portugal. Elle a été rapidement reliée à ces deux ports, le contournement de Paris se faisant par le périphérique. Le trafic augmentant (car les politiques ont favorisé le transport routier – avec les conséquences climatiques – sur le ferroviaire), il a fallu trouver de nouveaux passages : la Francilienne et l’A86 ont permis de contourner le périphérique. Néanmoins, ces nouvelles routes passaient par l’Est, pas par l’Ouest de l’IdF, ce qui allonge les temps de trajet pour le sud-ouest de l’IdF, la région Centre et la façade atlantique, de la Bretagne au Portugal.
Pour boucler ce contournement Ouest de l’IdF il a été proposé l’A12 (Rocquencourt-Rambouillet via la vallée de Chevreuse), qui a rencontré une vive opposition. Le projet a été abandonné au profit de la route express de la vallée de la Mauldre (Mantes-Rambouillet), refusée également par les habitants et les élus après un grand débat public.
A154, l'Eure-et-Loir en hérite
Ne se décourageant pas, les transporteurs et logisticiens ont cherché plus à l’Ouest en réactivant un vieux projet : l’A154. En espérant les Euréliens moins combatifs que les Franciliens, et comptant sur la complicité d’élus locaux, ils espèrent enfin contourner l’Ouest de l’IdF. Pour eux il y a urgence. En effet, l’évolution du trafic maritime amène à utiliser des méga-cargos qui transportent 15 000 à 20 000 conteneurs. Ils desservent un ou deux ports par continent et doivent être chargés/déchargés au plus vite pour rentabiliser leur utilisation. Les industriels asiatiques ont besoin, pour écouler leur production et concurrencer les entreprises françaises, de liaisons rapides pour évacuer ces montagnes de conteneurs vers le sud de l’Europe. L’A154 sert à ça, et, accessoirement, elle permet d’utiliser l’Eure-et-Loir comme base logistique du sud de l’IdF ; le 28 devient un nouveau 91.
Il est difficile de vendre au public une telle stratégie ; aussi, l’A154 est présentée comme une solution pour améliorer la liaison routière Dreux-Chartres-Orléans et faire sauter le bouchon de Saint-Rémy-sur-Avre.
Les contribuables payent 2 fois
Les transporteurs voulant des péages les plus bas possible, il a été décidé de récupérer des portions à quatre voies de la N154, payées par le contribuable, et de les donner au concessionnaire. Autant d’investissements à faire en moins pour lui. Cerise sur le gâteau, les Euréliens, qui ont déjà financé ces portions routières, payeront pour les utiliser.
La puissance du lobby des transporteurs et des importateurs de produits asiatiques est telle qu’en cette période de dérèglement climatique, qu’ils ont provoqué par leurs choix technologiques, et bien que le trafic routier stagne depuis plusieurs années1, cet investissement est non rentable, sauf subvention du département.
Une solution simple, le train
Cet équipement est d’autant plus inutile que le besoin de transport peut être couvert par la réouverture de la ligne SNCF Dreux-Chartres-Orléans et la mise en place d’un port sec permettant le transbordement multimodal avec l’Île-de-France2.
La remise en service d’une ligne coûte entre 1 million et 1,5 million d’euros le kilomètre, voire 2 millions pour certains passages. Pour 190 millions d’euros, on a à nouveau des trains entre Dreux, Chartres et Orléans, facilitant tant le transport des marchandises que celui des passagers vers la capitale régionale. A comparer avec les 1,8 milliard d’euros du projet A154 (le vrai coût, cf. notre étude économique) !
Projet beaucoup moins coûteux, gardant la gratuité de la N154 et permettant une liaison directe pour aller à la capitale régionale (travailleurs, étudiants...).
Réorientons les investissements au profit de tous les territoires
Cela dégagera des crédits tant pour développer la mobilité douce que pour améliorer la N10, qui en a bien besoin de Chartres vers le sud du département. Bien sûr il faut traiter le problème de Saint Rémy sur Avre (regardons vers Trappes - 78 - où une solution a été trouvé avec l'Etat)..
Le dossier de l’A154 n’intéresse pas que les communes riveraines ; il impactera tout le département en détruisant et en artificialisant plus de 600 hectares de terres naturelles et agricoles, générant une pollution plus importante, surtout en période de canicule. Il neutralisera, pour des dizaines d’années, des crédits qui seraient bien utiles pour la transition écologique de toutes les communes du département et son adaptation à ce défi majeur. Les communes riveraines, ou même lointaines comme Épernon ou Maintenon, subiront des reports de trafic qui encombreront leurs centres.
Le soutien irresponsable à ce projet, d’élus incapables de comprendre les enjeux de souveraineté économique et de l’adaptation au dérèglement climatique, peut être désavoué lors des prochaines sénatoriales par les élus euréliens. Ils en auront la possibilité par leur bulletin de vote.
1 C’est un indicateur marquant du passage du pic pétrolier, on en produit moins – malgré le pétrole de schiste – donc la consommation tend à baisser sauf si d’autres usages du pétrole diminuent fortement en libérant pour le transport routier. D'ici 2050 la France recevra 50% de pétrole qu'aujourd'hui de ses fournisseurs (étude cabinet Carbone 4 pour la défense nationale, cf. la conférence de présentation).
2 Un port sec est un terminal terrestre en liaison commerciale et logistique directe avec un port maritime permettant également les opérations de douanes. Nous proposons Le Havre - Rouen comme port de référence et non Anvers ou Rotterdam.

Contact