Les élections à Dreux, deuxième commune d'Eure-et-Loir, sont toujours particulières. C'est dans cette ville, en 1983 qu'a eu lieu le « Tonnerre de Dreux », 4 adjoints FN élus, dans une liste menée par le RPR, puis en 1989 l'élection de Marie-France Stirbois (FN) comme députée. Dreux est la seule ville en Eure-et-Loir où le Front National a joué un rôle de premier plan.

Cette histoire continue de peser dans la vie locale, où les Droites essayent toujours de s'allier cet électorat important. Le dernier avatar est "Dreux rassemblée" où l'on retrouve pêle-mêle des ex de la gauche (dans leur jeunesse), des faux centristes et de vrais réactionnaires.

Cette liste conduite par un ancien sous-préfet, ayant fait le seul vœu de l'intérêt local supérieur et la seule promesse d'agglomérer les compétences au-delà des clivages partisans, rassemble 50 nuances d’opposition stérile à Dreux, par exemple :

  • À la 2ᵉ place Sabine Fretey, issue d'abord du groupe d'opposition socialiste, qu'elle avait par la suite quitté le jugeant trop réformiste ! Mme Fretey, qui s’était notamment illustrée en conseil municipal par sa méconnaissance du coût de la protection sociale et de la différence entre salaire brut et chargé, incarne à merveille la déconnexion d’une certaine ex-gauche avec l’entreprise et la vie réelle.

  • À la 3ᵉ place, le représentant de LR, Christophe Le Dorven, notre honorable président de département, responsable LR et soutien affiché de Bruno Retailleau. Cette place lui assure de siéger à l'Agglomération de Dreux, et qui sait une future présidence de cette collectivité. Il pourra ainsi veiller sur le projet destructeur A154, qui va ruiner le département, et faire payer les usagers de cet axe routier aujourd'hui gratuit.

Vers la fin de la liste, deux personnes destinées à illustrer l'ancrage réactionnaire et droite extrême :

  • D'abord Chantale Deseyne, sénatrice LR d’Eure-et-Loir, qui avait voté contre la constitutionnalisation de l’IVG et qui est toujours à la pointe des réformes antisociales (comme la réforme des retraites) et anti-environnementales au Sénat : elle est signataire de la loi Duplomb qui vise à empoisonner notre eau et notre air pour le profit des industries agroalimentaires. Une vision passéiste, digne du siècle dernier.

  • Puis à la très symbolique dernière et 41ᵉ place, Guy Tinlot qui occupait, en 1983, la 16ᵉ place sur la liste conduite par Jean Heaux suite à l’alliance RPR-FN qui avait fait grand bruit. Le Rassemblement National, ex-Front National, n’a d’ailleurs pas jugé utile de présenter une liste à Dreux, cette fois-ci.

D'autres personnages illustrent le caractère antisocial et antiécologique de cette liste : un représentant de la jeunesse de droite décomplexée, n’hésitant pas à user de menaces et intimidations ; un ancien directeur de cabinet de Gérard Hamel, sympathisant de Sarah Knafo (candidate Reconquête à la mairie de Paris), et du syndicat de la Famille (ex-manif pour tous).

Avec cette liste, Dreux va-t-il retourner vers ses démons ? Réponse dès le 15 mars 2026.