En 2025, l’Union européenne a franchi une étape historique : l’éolien et le solaire ont produit davantage d’électricité que l’ensemble des combustibles fossiles, atteignant 30,1 % du mix électrique contre 29 % pour le charbon et le gaz. Cette bascule, portée surtout par l'essor spectaculaire du solaire (+20 % en un an, +65 GW installés), marque une transition devenue structurelle. En juin 2025, le solaire est même devenu la première source d’électricité européenne sur un mois.
La France franchit aussi un cap, avec plus de 75 TWh issus du duo éolien-solaire, aidée par un ensoleillement exceptionnel. Le pays reste en retard sur le stockage, un enjeu crucial alors que les conditions climatiques ont pénalisé l’éolien et l’hydraulique en Europe du Nord. Malgré cela, les renouvelables ont maintenu près de 48 % du mix européen grâce à leur complémentarité.
Le solaire, moteur discret du basculement
Derrière ce dépassement historique, une dynamique impressionnante : celle du solaire. En 2025, il a produit 369 TWh, soit une hausse de 20 % en un an. En cinq ans, sa production a plus que doublé. Cette progression repose sur une expansion massive des capacités : +65,1 GW installés en un an, presque à parts égales entre centrales au sol et toitures. Aucun autre moyen de production n’a connu une telle accélération. Résultat : 62 TWh d’électricité produite supplémentaire, soit l’équivalent de la production de trois centrales nucléaires.
En juin 2025, le solaire est même devenu la première source d’électricité européenne sur un mois donné. Une première saisonnière, mais hautement symbolique.
Exit le charbon ?
Le charbon continue de reculer fortement (9,2 % du mix), désormais marginal dans 19 pays. Le gaz, en revanche, reste le talon d’Achille du système, utilisé aux heures critiques et générant une dépendance croissante au GNL.
Les batteries, enjeu majeur
La prochaine étape repose sur les batteries, dont les capacités doublent et deviennent économiquement plus compétitives que le gaz. Elles permettront d’éviter le gaspillage d’électricité propre et de stabiliser un système de plus en plus dominé par des sources intermittentes. C'est un enjeu pour l'Eure et loir ou une vingtaine de sites ont été identifiés pour les abriter ... et protéger ainsi l'Ile de France. Certes il faut les accepter mais éviter les erreurs de l'éolien en les incorporant dans l'environnement.
2025 marque ainsi l’entrée dans une nouvelle phase : non plus seulement produire renouvelable, mais organiser et valoriser une abondance intermittente. Le dépassement des fossiles ouvre la bataille de la flexibilité et de la souveraineté énergétique européenne.