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L’Office National des Forêts a tranché : l’expérimentation de la longue bâche installée par les veneurs en forêt de Dreux, en Eure-et-Loir est terminée. Implantée en 2025, cette barrière artificielle visait à canaliser la faune lors des sessions de chasse à courre.

Les citoyens et les associations ont gagné. La gigantesque bâche, installée par un équipage de chasse à courre en forêt domaniale de Dreux, en Eure-et-Loir va être démontée. Jugé légal par l’Office Français de la Biodiversité et conforme au code de l’Environnement, l’Office National des Forêts avait, l’été dernier, accepté la mise en place de ce rideau souple à titre expérimental, s’engageant à dresser un bilan en fin de saison de chasse.

Selon l’Office National des Forêts : « Cette décision repose sur une évaluation objective, qui constate l’efficacité technique du dispositif, mais aussi sa faible compatibilité avec la pluralité des usages de la forêt et les attentes des usagers » « Le dispositif montre des résultats intéressants sur le plan technique, mais il soulève des questions sur le partage des usages de la forêt. Le recours à la pose, même temporaire, d’une bâche, est perçu comme une forme d’artificialisation de la forêt qui n’est pas satisfaisante… »

Une victoire pour les associations
La Fondation Brigitte Bardot, le collectif « Abolissons, la Vénerie Aujourd'hui! » ont déclaré leur satisfaction : la mise en place de cette bâche XXL, aussi appelée boma par les veneurs, s’apparentait à une artificialisation de la forêt et n’avait montré aucune acceptabilité sociale.

Ce combat a duré plusieurs mois tant sur les réseaux sociaux, à travers une pétition puis d’une réunion publique à la mi-février à Saint-Georges-Motel, l’une des communes jouxtant la zone où était installée la bâche.

Les veneurs acceptent la décision, mais ne sont pas contents !
Selon le maître d’équipage des Normand Piqu’Hardi techniquement la bâche fonctionnait très bien et qu’aucun cerf n’a été piégé dans la bâche. Selon lui, c’était une expérience ! Dans cette expérience, clairement, il y a du bon et du moins bon, notamment sur l’emplacement de la boma : aménagée sur un sentier Grande Randonnée (GR) !

En revanche, le veneur dénonce les accusations de « dangereux pollueurs » proférées à son encontre suite aux résidus de bâche, faite en toile de paillage, retrouvés sur son tracé. Une hérésie pour le maître d’équipage qui met en avant l’utilisation de ces toiles par certaines municipalités écologistes de France comme substituts aux herbicides.

Le maître d’équipage, qui loue la forêt de Dreux depuis 1961 va essayer d’autres choses pour continuer à chasser de au mieux en ayant une cohabitation la plus harmonieuse possible avec les riverains !

Si une victoire locale a été remportée, l’abandon de cette méthode de chasse demeure un objectif à atteindre face à la souffrance animale.