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La visite papale a donné lieu a une démonstration de force assez spectaculaire de la part des catholiques. Aucune autre organisation n’est capable de réunir autant de monde dans les rues de Paris.

Une visite qui a rassemblé les foules

C’est l’image qu’on retiendra des quatre jours passés par Léon XIV en France : ils étaient plus de 800 000 sur les Champs-Élysées. Et 80 000 jeunes rassemblés au Stade de France la veille. Le sentiment d’appartenance à quelque chose qui est plus grand que soi explique qu’autant de monde se mobilise. Il n’y avait rien à gagner, sinon la joie d’être ensemble.

Le même jour, samedi, les marches pour le climat peinaient à rassembler moins de 100 000 personnes sur toute la France. Il est vrai que les organisateurs avaient (volontairement ?) choisi un mauvais samedi, oubliant que nombreux sont les jeunes catholiques à s’engager pour le climat. Soyons réalistes : aucune organisation, ou conglomérat d’organisations, n’est pour l’instant capable de réunir autant de monde (en attendant le samedi entre les deux tours des présidentielles ?)

Des dossiers très temporels

Chacun jugera les valeurs spirituelles de l’Église, ce n’est pas le sujet ici. Sur le plan temporel, il faut constater qu’elle est en pointe et progressiste sur la question des migrants, de la paix, de la justice sociale, de l’IA ou du climat, avec une réflexion bien supérieure à celle de beaucoup de mouvements progressistes. Sur la question de la vie (avortement, euthanasie, fin de vie), elle n’est pas en phase avec l’évolution de la société. On doit respecter ses convictions, et laisser ceux qui les partagent les appliquer, mais avancer en permettant ces droits à ceux qui en ont besoin.

La course des politiques

Lors de la messe des Champs-Élysées, les politiciens de droite étaient au premier rang, eux qui ne partagent pas les valeurs progressistes qu’exprime le pape. C’est donc une bonne leçon pour eux, mais en tiendront-ils compte ou n’étaient-ils là que pour la photo ? En boycottant cette rencontre, les politiques de gauche et écologistes ont eu tort. Il faut savoir dialoguer avec tout le monde, surtout quand il y a des points de convergence évidents. Bien sûr, pour eux, le malaise est de discuter avec des responsables religieux sans abandonner la laïcité (mais les partisans du voile dans la rue l’ont abandonné depuis longtemps : les votes des uns méritent, pour eux, de s’assoir sur les valeurs progressistes).

Et la laïcité ?

La visite papale ne lui a pas porté atteinte, dans la mesure où les frais ont été pris en charge par l’Église. La laïcité, c’est le droit d’exprimer ses convictions, y compris dans des manifestations publiques exceptionnelles autorisées. Le reste du temps, on range les signes religieux et l’espace public retrouve sa sérénité.

Il n’y a donc pas de contradiction entre l’interdiction des signes religieux dans l’espace public et la possibilité d’y organiser parfois des manifestations de type religieux : une prière de rue est tout aussi valable qu’une messe ou un pèlerinage, mais pas tous les jours sur l’espace public !

Urgence climatique

Témoignage réel
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