L’objectif de l'Accord de Paris était de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels. 2024 sera la première année au-delà de la barre de 1,5 degré de réchauffement par rapport à la période préindustrielle, la limite à long terme fixée par l'accord de Paris (COP21 en 2015).
Black novembre
Après le deuxième mois de novembre le plus chaud dans le monde, "il est de fait certain que 2024 sera l'année la plus chaude enregistrée et dépassera de plus de 1,5 degré le niveau pré-industriel", affirme le Service changement climatique.
Novembre 2024 a été marqué par une succession de typhons dévastateurs en Asie et la poursuite de sécheresses historiques en Afrique australe ou en Amazonie. En Espagne et sur le poutour méditerranéen de terribles inondations ont tué des centaines de personnes. La France a subi ces inondations dans de nombreuses régions, y compris l'Eure et Loir. Le mois de novembre a été 1,62 degré plus chaud qu'un mois de novembre normal à l'époque où l'humanité ne brûlait pas du pétrole, du gaz ou du charbon à une échelle industrielle.
La barre symbolique de 1,5 degré correspond à la limite la plus ambitieuse de l’accord de Paris de 2015, visant à contenir le réchauffement bien en dessous de 2 degrés et à poursuivre les efforts pour le limiter à 1,5 degré. Cet accord fait référence à des tendances de long terme : la moyenne de réchauffement de 1,5 degré devra être observée sur au moins 20 ans pour considérer la limite franchie.
Selon ce critère, le climat est actuellement réchauffé d’environ 1,3 degré. Le Giec (Groupe International des Experts du Climat) estime que la barre de 1,5 degré sera probablement atteinte entre 2030 et 2035. Et ce quelle que soit l’évolution des émissions de gaz à effet de serre de l'humanité, l’accumulation passé (le stock de gaz à effet de serre) implique cette évolution
Des réductions mal engagées
Selon l’ONU, la terre n’est pas du tout en bonne voie de réduction de sa pollution carbone pour éviter une très forte aggravation des sécheresses, des canicules ou des pluies torrentielles déjà observées, coûteuses en vies humaines et en impacts économiques.
Les politiques actuelles des nations emmènent le monde vers un réchauffement « catastrophique » de 3,1 degrés au cours du siècle, voire 2,6 degrés si les promesses de faire mieux sont tenues, selon l’ONU.
L’échec de la COP29, fin novembre à Bakou, explique le manque d’ambition pour traiter ce dossier. Les pays en développement n'ont obtenu 300 milliards de dollars de promesse d’aide annuelle des pays riches d’ici 2035, soit moins de la moitié de leur demande pour financer leur transition énergétique et leur adaptation aux dégâts climatiques. Encore faut-il que les promesses se traduisent dans la réalité !
Seul point positif en 2023, dans certaines régions, notamment en Europe et aux États-Unis, les émissions de CO2 fossile diminuent, de 7,4 % en Union européenne, et de 3 % aux États-Unis. Elles sont en hausse de 8,2 % en Inde et de 4 % en Chine.
Les scientifiques expliquent que l’action mondiale visant à réduire les combustibles fossiles n’est pas assez rapide pour empêcher un changement climatique dangereux. Et si les émissions liées au changement d’usage des terres, comme la déforestation, devraient diminuer légèrement, elles restent trop élevées pour être compensées par les niveaux actuels de reboisement et d'implantation de nouvelles forêts.