Le 8 septembre le gouvernement Bayrou pourrait tomber, l’assemblée nationale lui refusant la confiance. Le 10 septembre, un mouvement né sur Internet prétend bloquer la France sans revendications précises autres que l’expression d’un mécontentement légitime mais sans réelles solutions.

Le « blocage » du 10 septembre

Lancée avant la décision du gouvernement de demander la confiance, il est l’expression de groupes et personnes qui se veulent en colère contre le système. Colère légitime, mais en quoi tenter de bloquer la France (et sûrement y échouer, paralysant ainsi les futures luttes sociales légitimes) va améliorer la situation ? Bloquer un rond-point, un supermarché, des lignes de transports collectifs ne fera pas changer le système mais assurera aux partis extrémistes, surtout à l’extrême droite, un électorat plus important : celui des personnes lésées dans leur vie quotidienne, des familles devant aller chercher leurs enfants à l’école en cette rentrée scolaire. Ce n’est pas un hasard si les grandes luttes sociales ont lieu en octobre, sur des mots d’ordres précis comme l’annulation de la réforme des retraites, pas en septembre où les familles ont d’autres préoccupations avec la rentrée scolaire.

Les mobilisations basées sur des listes de mails et des forums internet, où tout le monde pense la même chose, se coupent de la réalité sociale : le 10 septembre le prouvera même, si certaines images spectaculaires circuleront. Il est intéressant, mais pas surprenant, de voir que les partis politiques de gauche, incapables d’offrir une alternative et préoccuper par leurs boutiques pas par les français, se précipitent sur cette initiative, comme la misère sur le peuple, oubliant les leçons du mouvement ouvrier rappelés ci-dessus. A vouloir être dans le vent on termine sous l’eau…

Le « déblocage » du 8 septembre

En demandant la confiance de l’assemblée nationale, François Bayrou ne prend pas trop le risque de rester premier ministre. En mettant les partis au pied du mur, sur la question de la dette et du budget, il soulignera les incohérences des uns et des autres, tout en soulignant les siennes : la dette et le déficit budgétaire sont les conséquences des politiques suivies depuis… 1974 ! En refusant une juste répartition des efforts (dont le retour de l’ISF serait un symbole), il refuse en fait de s’attaquer aux problèmes de fond amusant la galerie avec son ^projet de suppression de deux jours fériés, véritable muleta agitée devant l’opinion publique. Lui aussi prépare les présidentielles en voulant sortir en beauté, du moins le croit-il .

 

Tous ces politiques et initiatives qui débloquent ne permettent pas d’avancer sur le problème majeur de cette période : agir résolument contre le dérèglement climatique, en rassemblant les français et en traitant leurs problèmes, et en se dotant d’un budget orienté pour cette priorité, et en équilibre ou du moins avec un rééquilibrage des recettes et des dépenses plus prononcé.