Deux projets routiers suscitent depuis des années de fortes oppositions : la déviation de Beynac, en Dordogne, et le projet d’aménagement de l’A154 en Eure-et-Loir.

Dans les deux cas, les critiques portent sur les mêmes enjeux : atteintes aux paysages, destruction d’espaces naturels et agricoles, artificialisation des sols, impact sur le patrimoine et le cadre de vie.

La déviation de Beynac : un projet ancien et controversé

Le projet de déviation de Beynac remonte aux années 1970. Il a été initié par le père de l’actuel président du Conseil départemental de la Dordogne, alors élu local, avec l’objectif de contourner le village classé et de réorganiser les flux touristiques dans la vallée.

Ce projet, relancé et soutenu depuis par les autorités départementales, concerne un site exceptionnel : la vallée de la Dordogne, classée et reconnue pour sa valeur paysagère et patrimoniale.

Ses opposants dénoncent un impact irréversible sur l’environnement et le tourisme. Un premier projet a d’ailleurs été annulé par le Conseil d’État, avant qu’une nouvelle version ne soit relancée.

L’A154 : un projet destructeur en Eure-et-Loir

L’aménagement de l’A154, entre Dreux et Chartres, prévoit la transformation d’un axe gratuit en autoroute payante concédée.

Ce projet impliquerait la destruction de centaines d’hectares de terres agricoles, de zones boisées et la construction de dizaines de kilomètres de nouvelles infrastructures.

Associations, riverains et élus locaux dénoncent un projet coûteux, écologiquement destructeur et économiquement discutable, soutenu par le Conseil départemental.

Une contradiction politique assumée ?

Un sénateur d’Eure-et-Loir est directement impliqué dans ces deux dossiers.

En Eure-et-Loir, il soutient activement l’A154, au nom du développement et de la compétitivité du territoire.

En Dordogne, où il possède des attaches personnelles, il s’oppose à la déviation de Beynac, au nom de la protection des paysages et du patrimoine.

Dans le même temps, ce projet de Beynac est porté localement par une logique familiale ancienne, initiée par le père de l’actuel président du Conseil départemental, et poursuivie aujourd’hui.

Une question de cohérence et d’exemplarité

Comment défendre la protection des paysages en Dordogne tout en soutenant un projet qui détruit terres agricoles et milieux naturels en Eure-et-Loir ?

Comment justifier qu’un projet ancien, aux origines personnelles et familiales, soit relancé malgré les décisions de justice, tandis que les oppositions locales sont ignorées ailleurs ?

Ces dossiers posent une vraie question de cohérence politique, d’exemplarité des élus et de respect des territoires.

L’aménagement ne peut pas se faire à géométrie variable. Il doit reposer sur les mêmes principes partout : protection de l’environnement, respect des habitants, transparence et intérêt général.

Enfin, il est intéressant de rappeler que les deux Conseils départementaux concernés sont dirigés par des responsables appartenant, en théorie, à des camps politiques opposés — l’un classé à droite (LR), l’autre à gauche (socialiste) — montrant que, sur ces grands projets, les clivages partisans s’effacent souvent au profit d’intérêts locaux et de logiques de pouvoir ... et des dépenses inconsidérées alors que la dette de notre pays s'envole.